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PARABOLE DU FILS PRODIGUE ET DU FRERE AÎNE

 

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi »

 

(Luc 15, 1-3. 11-32)

 

Le carême avance à grand pas. On se dirige vers Pâques avec foi et espérance, exprimant par nos sacrifices, nos prières et nos œuvres, tout l’amour dont nous sommes capables. Le carême est passager. Pâques est le lieu de notre salut et le milieu de notre vie. Il nous illumine de ses feux et nous plonge dans le mystère : mystère du Dieu qui nous aime, mystère de notre identité véritable par l’identité véritable du Christ. On résiste aux tentations destructrices, on monte la montagne de la rencontre pour prendre force et lumière, on se convertit pour approcher le plus possible de la vérité et de l’harmonie. Il nous faut prendre conscience de l’objectif pour avancer avec courage. Il nous faut renoncer aux appels de mort pour entendre les appels à la vie et à l’amour. La parabole du ‘fils prodigue’ est un bel exemple de conversion, de retournement, de vérité. Les deux fils ont besoin de comprendre et d’accueillir l’amour de leur père. Ils doivent recentrer leurs convictions et retrouver la vérité. Fils prodigue ou fils prodigues ? Les deux fils sont invités à une filiation véritable et à la gratuité, à la liberté et à la vie. Le Christ est celui qui le mieux nous fait comprendre combien nous sommes aimés et attendus, combien nos pensées et actions sont loin de l’amour mais combien aussi nous avons les moyens de nous rapprocher du Père, par Lui dans l’Esprit.

 

1. Le fils cadet : une vie loin du Père.

 

On aime s’attarder sur le fils cadet. Ses frasques nous inspirent et nous mettent en garde. Il abuse de son père pour vivre sa vie. Il ne trouvera que le vide et la déchéance. Il n’a rien contre son père si ce n’est qu’il veut naviguer tout seul. Il est vrai qu’on le comprend un peu, même si les moyens employés nous rebutent. Qu’est-ce donc que la vie ? Qu’est-ce que le lien familiale et l’amitié ? Par incompréhension, nous pouvons nous éloigner du père et voguer à notre perte.

 

L’origine :le fils cadet revit le drame d’Adam. Il veut être sa propre origine, masqué par un désir certainement sincère de liberté mais il se trompe. Il prend les devants et ‘enterre’ déjà son père en demandant sa part d’héritage. Les conséquences en seront dramatiques mais la conscience de l’origine sera sa planche de salut. Il reviendra. On n’est pas seul au monde. On a les ‘siens’ qui nous ont lancé dans la vie. Le Père est notre origine, s’éloigner de lui nous enfonce dans les ténèbres et dans une aventure sans futur. Une fausse liberté nous aveugle.

 

Le sens de la vie :le fils cadet veut vivre sa vie sans y mettre du sens. Il dilapide l’héritage de façon futile et se retrouvera seul. Il nous semble parfois avoir bien réfléchi mais nous avons construit sur du sable. Nous sommes sans racine et sans consistance. Nos actes en subiront les conséquences et notre vie n’en sera que plus fragile et instable. Le Père donne le sens des choses car origine, il est aussi le but de l’existence. Lui-seul peut consolider, renforcer, passionner. Il établit sur le roc pour faire face aux tempêtes inévitables de l’existence.

 

Les choix de vie :le fils cadet semblent heureux de sa nouvelle liberté. Il veut être lui-même et se construire mais cela ne sera que déchéance et désinvolture. Pourquoi donc sa nouvelle liberté ne lui donne-t-il pas le bonheur ? Pourquoi ses choix libres sont-ils porteurs de mort ? Il n’a pas conscience que la liberté est exigeante et que ‘faire ce que l’on veut’ n’a jamais porté quelqu’un à la plénitude de sa personnalité, à la relation véritable, à la communion du cœur. Le Père seul peut donner la vraie liberté car il nous demande d’agir en fonction de ce que nous sommes en tant qu’êtres humains mais aussi en tant que ses fils/filles. L’humain rejoint le divin. L’humain communie au divin, sinon il y a discordance et donc division et rupture.

 

La vie ou la mort ?Le fils cadet a le choix. Il fait le mauvais choix même si on peut laisser le doute sur ses intentions. Ses choix portent à la mort, c’est dire que le péché n’est pas absent de sa vie. Non seulement le péché moral que ses actes démontrent mais aussi un péché fondamental, profond, intérieur : il refuse la vie, l’amour, la liberté. Il croit être en vie, aimer et libre. Son départ a été faussé, les conséquences sont le péché et donc la mort. En se coupant du père, il s’autodétruit. Le Père donne la vie, celle qui maintient dans l’existence et qui nous plonge dans l’éternité. Il nous entoure d’amour, celui qui vient de son Cœur, de sa relation éternelle en la Trinité. Il produit la liberté qui s’harmonise avec notre humanité et rejoint la liberté divine. La mort spirituelle n’est pas de Dieu. La vie éternelle vient de Dieu. La vie tout-court est un don divin.

 

Finalement, malgré ses intentions de liberté et d’autonomie, le fils cadet se trompe. Son point de départ est faussé. Il en tirera malheureusement toutes les conséquences et s’enfoncera dans une vie de misère et de désespoir. Le soubresaut sera salutaire. Une flamme brille malgré tout dans son cœur : le souvenir de l’amour et de la tendresse. Il peut alors se mettre en route vers son père.

 

2. Le fils aîné : une fausse image du Père.

 

Le fils aîné n’est pas en reste. Il ressemble un peu à son frère. Il fait des choix différents qui n’en sont pas moins discutables. Il ne s’agit pas de jalousie ou même d’indignation. Il s’agit d’une fausse image de son père. Il ne connaît pas son père, l’affuble de faux sentiments ou de faiblesse.L’histoire de son frère mettra en lumière son propre péché, ses erreurs de jugement, sa crainte du père.

 

Père ou dictateur ? En refusant d’entrer dans la maison, il se construit une image faussée de son père. Il le prend pour un dictateur, pour un maître, pour un puissant. Il n’a pas confiance et se laisse guider comme un faible, comme un irresponsable. Toutes ses années à obéir servilement sans reconnaître sa position privilégiée de fils, d’héritier, d’être aimé. Il ne peut alors admettre le pardon et encore moins de resituer son frère à sa place originelle dans la famille. Il a besoin lui-aussi de conversion et de pardon, d’authenticité et de vérité, d’un regard vrai sur son père.

 

Amour ou crainte ? En refusant d’aimer son frère, il révèle qu’il n’aime pas son père. Son indignation est légitime mais son amour du père est faible et minoré. Finalement, ses relations au père ne sont pas de communion et de paix, elles sont larvées et captives. Elles expriment une crainte qui n’a rien à voir avec l’amour du père mais relève du fantasme. Il a besoin lui-aussi de conversion, de passer de la crainte et la révolte à l’amour authentique et profond. La miséricorde du père est pour lui aussi.

 

3. Conclusion : tous fils du Père.

 

Le carême nous aide à bien nous situer par rapport à Dieu : sommes-nous en recherche d’une liberté mortifère ? Sommes-nous des enfants serviles qui ne disent rien mais n’en pensent pas moins ? Nous sommes les enfants du Père miséricordieux à la manière du Fils par la force de l’Esprit.

 

Le carême exige une liberté authentique et pertinente, celle qui est donnée par l’Esprit Saint et qui nous identifie au Christ. Non pas crainte servile ni révolte déstructurante, mais l’amour simple des enfants de Dieu, dans le respect des autonomies et la vérité des relations. A.B.